Ces couques qu’on mange avec les yeux

Il était une fois, on ne sait pas comment, li coutche di Dinant… La méconnaissance des origines d’une friandise devenue patrimoine d’une ville participe à sa légende, ne nous leurrons pas. Car la couque pourrait être à Dinant ce que le gendarme est à Saint-Tropez, une identité folklorique. Alors si des contes, des légendes et autres élucubrations rivalisent d’imagination intentionnée sur sa naissance, cela ne fait finalement qu’ajouter de la saveur à ce pain d’épices.

La fibre commerciale et l’esprit folklorique local sont des ingrédients essentiels à ces historiettes d’origine incontrôlée. L’intérêt n’est pas difficile à cerner… Mais demandez à des historiens sérieux de se prononcer sur l’origine de la couque, ils ne prendront pas le risque de s’y casser les dents.Tout ce que l’on peut affirmer, c’est qu’un  beau jour, elle eût le bon goût d’être empreinte d’histoire et de créativité.

Pourquoi cette exposition aujourd’hui?

Le fait que la Maison du patrimoine médiéval mosan prête son cadre prestigieux signifierait-il qu’il y ait péril en la demeure des couques en stock? Un chercheur renommé aurait-il pêché le moule originel? Non, c’est bien plus intéressant que cela. Les moules à couque sont très peu accessibles au grand public, gardés précieusement par des propriétaires par crainte de vol. Le dépôt d’une centaine de moules confié par la famille Gigot-Devigne a donné la brillante idée de cette rétrospective sur ce savoir-faire patrimonial. L’exposition ne propose pas de voir des couques à travers une vitrine, mais l’envers du décor. Leurs versions creuses, leurs moules. Pas les pâtes cuites, mais le travail des artisans du cru.

La pièce qui abrite l’exposition s’est offerte un joli décorum afin que le visiteur se sente un instant  graveur sur bois fruitier  et maître-couquier. Outre les panneaux pédagogiques décrivant l’univers de la couque depuis ses origines ancestrales et inconnues jusqu’à nos jours, un accent a été mis sur les ustensiles de ce monde artisanal méconnu. Une reproduction de la façade d’un four de couquerie cache, derrière ses portes, des copèreries ( petits contes moqueurs ), histoire de rappeler que dans le succès de la couque, l’humour et l’esprit de dérision des dinantais  ont mis aussi la main à la pâte.

Un catalogue d’exception

Une chose en entraînant une autre, la Maison du patrimoine médiéval mosan a profité de cette rétrospective pour orchestrer un catalogue d’exposition qui fait déjà référence en la matière. Il aurait pu être nommé Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la couque sans jamais oser la manger. Michel Coleau, historien et conservateur des archives de la Ville de Dinant, a porté le projet rédactionnel avec Isabelle Parmentier et Axel Tixhon, historienne et historien, tous les deux professeurs d’Histoire à l’Unamur.

Lire la suite dans le numéro 548 de Confluent

Olino


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Agenda

Du 21 octobre 2017 à 00h00 au 25 février 2018 à 00h00

 
Du 10 novembre 2017 à 00h00 au 19 novembre 2017 à 00h00
 
Du 11 novembre 2017 à 00h00 au 19 novembre 2017 à 00h00