ÉDITORIAL

CRISE DU CORONAVIRUS : IL FAUT POSITIVER


Je ne résiste pas à vous rapporter ce coup de téléphone que j’ai eu avec notre amie, la baronne Mariette Delahaut. La sachant hébergée dans un home, je lui demande si l’isolement dans lequel elle est confinée ne lui pèse pas trop. Elle me répond :
« Mais
Pierre, je suis très bien ici. La salle du restaurant est spacieuse et le soleil y pénètre généreusement. Par la fenêtre on voit un magnifique magnolia en fleurs. Je suis au Paradis... »
- Mais enfin, Mariette, vous ne voyez personne... « Comment je ne vois personne ? Il y a ici des gens que je connais fort bien avec lesquels je peux parler. Et puis, je suis servie tantôt par une Haïtienne, tantôt par une Congolaise, ou encore par une Roumaine. C’est le monde entier qui défile devant moi... » Et puis elle ajoute : « Et je lis Confluent. Les fraises sur la couverture du dernier numéro me donne envie d’en manger ! »
À bientôt 98 ans, la toujours jeune d’esprit conclut : « Il faut positiver. » Ce message m’a fait du bien. Alors que la presse ne cesse de nous alerter, émerge d’une personne qui a connu la guerre un mot de grande douceur, de patience et de sagesse.
Pour autant, nous savons que la vie ne sera plus jamais la même. Si l’envie de chacun sera de reprendre après son rythme comme avant, nous savons que des changements fondamentaux vont se produire, d’autant plus importants que la crise durera
longtemps. En voici quelques-uns (la liste n’est pas exhaustive) :

1/ Alors que les prêtres, autrefois si diserts aux époques de grand malheur, se taisent
et suspendent les offices religieux, que les politiques, certes, font face aux événements, mais leur courage est de suivre les avis qui leur sont donnés, c’est des seuls
scientifiques que l’on attend l’oracle. Ce sont désormais nos prophètes...

2/ Comme nous sommes confinés, la technologie de l’internet vient à notre secours
pour rompre notre isolement, nous permettre de continuer à travailler, diffuser l’enseignement. Le pli est pris, cela devrait continuer.

3/ À tous il est apparu que la finance devait cesser de dominer l’économie. Il sera
plus difficile de rogner sur les dépenses de santé et de recherche ou, sous prétexte d’équilibre budgétaire, de renoncer à des investissements utiles.

4/ Il y aura aussi certainement une révision déchirante dans la politique des grands
groupes industriels qui comprendront que la gestion en flux tendu entre de multiples sous-traitants répartis dans le monde représente un réel danger pour euxmêmes.
Pour autant le système économique libéral que l’on dit à bout de souffle va-t-il coincer ? Je ne pense pas.
Un autre point m’alarme : aidés par la technologie, les pouvoirs publics s’organisent pour nous surveiller de plus en plus près et réduire nos libertés. Sommes-nous bien sûrs de les recouvrer entièrement par la suite ? Jamais crise n’aura tant ébranlé nos modes de vie et d’organisation collective. Demain ne sera pas comme hier, chacun en a pris conscience. Notre monde est à reconstruire, sera-ce pour un mieux ? C’est l’espoir que nous avons.

Pierre Dulieu

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