ÉDITORIAL


Qu’ils le veulent ou non, les Namurois sont embarqués dans les paris que leur bourgmestre a lancés en devenant chef de parti.

Son premier pari a été de renoncer à entrer dans quelque majorité que ce soit après la défaite électorale subie en 2019. Ce faisant il a choisi délibérément de se mettre en retrait, et tous ses ministrables avec lui.

Conséquences : le projet de l’assurance autonomie est tombé à l’eau, le Pacte pour un enseignement d’excellence dont le cdH était l’initiateur se poursuivra sans lui, le monde de la ruralité est orphelin de son ministre luxembourgeois...

Mais quand on perd des parts de marché au point de courir le risque de disparaître, un chef d’entreprise doit être capable de faire des choix radicaux. C’est ce qu’a dû penser Maxime Prévot : sous son impulsion, le cdH, convaincu que les partis ne sont plus en phase avec la société (et lui-même non plus dans sa forme traditionnelle), a décidé de se reconstruire de la cave au grenier.

Et c’est bien là le deuxième pari de ce diable d’homme. Tous les partis mis à mal par les élections se remettent en question : le PS a conduit pendant plus d’un an des ateliers qui ont conduit à sa refondation ; le MR entame un processus semblable qui devrait mener à la révision de ses statuts. Mais aucun n’est allé aussi loin que le cdH qui va jusqu’à prétendre cesser d’être un “ parti ” et envisage même d’abandonner son nom.
Le PS et le MR savent pourquoi ils existent. Le cdH ne le sait plus. Il se cherche. Il ne croit plus aux idéologies, dans lesquelles il voit une cause d’affrontement néfaste, mais il promet, comme elles, un avenir radieux : « Il fera beau demain », était le slogan de son congrès du samedi 11 janvier.

La coïncidence de ce congrès avec la fête de l’Épiphanie en fait une parabole : les rois mages non plus ne savaient pas où ils allaient. Pourtant ils ont trouvé... Le cdH pense, comme eux, qu’il faut pouvoir abandonner ses certitudes et se mettre en chemin. C’est en cheminant qu’on apprend sur soi-même et les autres. Près de 60 jeunes baptisés “ coordinateurs de bassin ” vont animer des réunions à travers toute la Wallonie pour faire remonter les idées vers la direction du parti.

Cette démarche rappelle étrangement celle initiée par Emmanuel Macron avec son mouvement “ La France en marche ”. Mais nous ne sommes pas en France : pas d’élection d’un président au suffrage universel, pas de scrutin majoritaire, pas de parti de droite et de gauche en déliquescence, des structures associatives fortes, qui forment des piliers.

Alors combien de sièges cette stratégie permettra-t-elle au cdH de conquérir demain sur les travées des Parlements ?
Pour un parti, même si demain il s’appelle autrement, c’est la seule question qui compte...

Pierre Dulieu

Agenda

Notre dernière parution

L'année commence avec le numéro 601.

Le Confluent 601 sera disponible dès ce vendredi 17 dans les boulangeries, librairies et dans la boîte aux lettres de nos abonnés.