ÉDITORIAL

Le respect de la nature est un impératif

Des citoyens qui entreprennent de planter de jeunes arbres sur le square d’Omalius, qu’est-ce que cela signifie ? (Voir page 26). Comme un dé lancé au ciel, ils l’ont fait par un dimanche de grand vent qui ailleurs en déracinait plus d’un...
On aurait tort de ne voir dans cette action qu’une gaminerie, voire une provocation, d’autant que c’est la deuxième fois que l’opération a lieu sur terrain public. Et que ceux qui la mènent sont très déterminés. Ils osent s’affranchir de la pusillanimité commune : puisque les pouvoirs publics ne bougent pas, agissons ! Et l’opinion publique d’approuver.

C’est qu’il règne une grande incompréhension à l’égard de la politique menée par les autorités, qu’elles soient de la Région ou de la commune, en matière de protection de la nature. Ce que l’on voit, c’est l’abattage de nombreux arbres en ville qui n’est pas contrebalancé par la plantation de sujets vigoureux qui témoignerait d’une réelle volonté de faire de Namur une ville verte.

Et ce que l’on pressent, c’est l’accélération du processus avec la disparition programmée du parc Léopold, que ne compenserait que l’érection à terme de nouveaux parcs « plus beaux et plus grands », pour reprendre la terminologie officielle, mais dont le bilan carbone avant 2050 est bien moins convaincant...

L’attachement des Namurois à la nature ne se limite pas à la Corbeille. La réaction forte des habitants d’Andoy à l’implantation d’éoliennes traduit le même sentiment. (Voir page 8). Pour eux, comme pour tous ceux qui ont choisi de s’établir dans la périphérie, la nature est un milieu de vie. Elle offre un paysage certes, mais aussi un antidote au stress et à la trépidation de la société contemporaine.

Quand le jour décline, qu’il est bon de respirer le parfum des fleurs, d’entendre chanter le merle et de regarder le ciel ourlé de rose au-dessus des grands bois...
Les arguments qu’expriment les habitants en invoquant à la fois paysage, santé, biodiversité traduisent bien la crainte que leur inspirent ces gigantesques moulins brassant le ciel en une rotation lancinante, tout en clignant de leurs grands yeux bleus la nuit sans discontinuité et en propageant un bruit sourd.

Face à elle, les arguments des promoteurs d’éoliennes, invoquant la nécessité de recourir à des énergies renouvelables -alors qu’il s’agit pour eux, d’abord, de réaliser de beaux bénéfices-, n’ont guère de valeur.

Ne nous a-t-on pas, en effet, promis que la réponse au défi climatique ne toucherait pas à la qualité de vie, surtout quand celle-ci s’exprime par une étroite communion avec une nature respectée ?

L’équilibre entre la vie en société et le respect de la nature est fragile. Il revient aux pouvoirs publics de le maintenir. C’est ce qu’attend d’eux la population.

Pierre Dulieu

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