L’OPINION DE PIERRE DULIEU

Le discours du bourgmestre aux Fêtes de Wallonie

Un genre dépassé qu’il conviendrait de changer

On a connu Maxime Prévot mieux inspiré. Comme lorsque, jeune bourgmestre, il lançait un appel à ses concitoyens pour qu’ils apportent leur concours pour dessiner l’avenir de Namur.

 

En 2017, la tonalité est très différente.  Dans un discours fourre-tout où sont évoqués pêle-mêle aussi bien les grands projets que les négligences de ceux qui laissent trainer leurs ordures, les succès du Centre de chant choral que les futurs bus hybrides, le changement de chef de corps de la police que le toujours espéré centre commercial, Maxime Prévot n’a eu qu’un but : rassurer ses concitoyens.

 

Il y a de l’insécurité ? Moins qu’ailleurs, la police veille. Des « barakis qui salissent la ville » ? Après les remontrances, on va punir. Des mauvaises herbes dans les cimetières ? Ils seront « végétalisés ». Des chantiers un peu partout ? Qu’on se calme, c’est un mauvais moment à passer. Des problèmes budgétaires ? Ils sont en voie d’être résolus. Et surtout que les Namurois ne s’inquiètent pas : 90% des dépenses générées par les grands projets sont pris en charge par l’Europe et la Région wallonne : Super Max a pu décrocher des aides que personne avant lui n’avait jamais su obtenir.

 

Le bourgmestre proclame : « Nous travaillons à une ville plus belle, plus attractive, pour les touristes et pour l’emploi, plus inclusive et solidaire pour les plus fragiles, plus agréable et dynamique pour chacun, le tout avec le sens des responsabilités ». Autrement dit : «  Dormez bonne gens, je veille sur vous ». Et « cessez de contester : je travaille pour le bien de Namur ».

 

L’avis général des auditeurs blasés – dont plusieurs sont venus me dire qu’ils avaient applaudi « la fin », par soulagement après trois-quarts d’heure d’écoute debout- était qu’on avait entendu le premier discours électoral du bourgmestre. Avec deux piques directement adressées à l’opposition.

 

Jugez plutôt : quand il proclame (après l’avoir aussi déclaré au journaliste du Soir) que « le seul véritable ministre de l’emploi dans ce pays, c’est le ministre de l’enseignement » (autrement dit la cdH Schyns), il inflige une gifle en public à sa collègue Éliane Tillieux, ministre de l’Emploi et de la Formation, qui vient d’ouvrir à Namur la première Maison des Métiers, réorganise le Forem et encourage la formation en transition.

 

Et quand il proclame que c’est de «  l’intoxication caricaturale » que de prétendre, « comme le fait l’opposition, que les projets de la Ville se feraient au détriment de nos besoins essentiels », il vise directement le conseiller PS Antoine Piret qui, d’appuyant sur des documents officiels, critiquait les 600 000 euros que la Ville entend consacrer pendant 30 ans à l’amortissement du téléférique.

 

Ce sont là des accents électoralistes, aisés à utiliser quand la répartie n’est pas possible, mais inconvenants dans un discours des Fêtes de Wallonie, qui devrait être rassembleur et visionnaire. L’abus ainsi fait de la position que donne au premier magistrat de la ville le droit d’accueillir le corps diplomatique (plus de vingt représentants de pays étrangers, auxquels ce pensum a été infigé  !) et d’offrir l’apéritif à ses concitoyens (environ 400 personnes de tous bords) condamne à mes yeux le genre. Il est temps de le renouveler.

 

Puissions-nous entendre, l’année prochaine, non pas un, mais deux discours dont l’un émanerait d’un citoyen et l’autre du bourgmestre. Cela donnerait deux sons de cloche, plutôt que le seul son du bourdon. 

Pierre Dulieu


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