Le nouveau gouvernement à Namur : la continuité ne peut inspirer son programme

À l’occasion des célébrations wallonnes, nous nous sommes demandés si la Wallonie se redressait et si un autre type de politique que celle suivie depuis 2014 était nécessaire. Le directeur général de l’Institut Jules Destrée, Philippe Destatte, est un spécialiste reconnu du développement territorial. Il répond à cette question.

Un discours très ambigu s’est développé sur les bords de la Meuse et de la Sambre après le changement partiel de majorité gouvernementale wallonne de cet été 2017.

Les interlocuteurs sociaux autant que la nouvelle opposition seraient, disent-ils, rassurés par la continuité qu’ils percevraient dans le chef du nouveau gouvernement de Wallonie. Continuité des politiques menées et, en particulier, du Plan dit « Marshall ».

Continuité donc, des politiques de redressement, ainsi que des principes de bonne gouvernance, préparés par l’équipe précédente. Pour ceux-là, l’occasion est belle d’ailleurs de rappeler dans la foulée que la Wallonie était en train de se redresser et que, au delà des jeux de spadassins de quelque parti politique particulièrement toûrsiveux, elle continuera probablement à le faire.

Ma conviction est que rien n’est plus faux. Non seulement la Wallonie ne se redresse pas dans la longue durée, c’est-à-dire que, depuis vingt ans, elle ne parvient pas à faire progresser son activité et à accroître sa richesse au niveau de la moyenne des autres régions d’Europe : les importants et louables efforts qui ont été menés pendant cette longue période n’ont permis finalement qu’à la maintenir à flot. Le lieu n’est pas propice pour aligner des chiffres.

Mais ceux que l’on choisit pour qualifier des indicateurs en 1995 ou 1997 sont généralement les mêmes que ceux qui caractérisent 2005, 2007 ou 2015. Les données ou estimations des dernières années n’en sont pas moins inquiétantes bien au contraire. Évoquer l’inertie de la Wallonie va à l’encontre de la culture ambiante ainsi que des directives qui ont été données ou que les organisations se sont imposées pour positiver et créer un climat dit favorable. Depuis 2000, ce choix a amené des responsables politiques à se persuader et à faire croire au contraire de la vérité dans de nombreux domaines.

L’affaissement croissant de la démocratie parlementaire au profit de l’intérêt des partis politiques et des organisations sociales, la logique de partage du gâteau, du repli sur soi et sur l’immédiateté des objectifs personnels ont empêché l’émergence d’un intérêt régional et d’une dynamique wallonne propre.

Enfermée dans une culture industrielle aliénante et tournée constamment sur un passé révolu, la Wallonie est devenue une société bloquée, productrice de structures qui se font concurrence et s’empêchent les unes les autres. Souvent, elle génère du discours de transformation pour mieux rester inactive. Ses peurs multiples et profondes l’empêchent d’anticiper, de se créer des visions d’avenir, de se reconnaître, de se rassembler, d’agir.

Dans la bifurcation qui a été ouverte le 28 juillet 2017 par le vote du Parlement de Wallonie, la trajectoire qui sera prise ne peut être celle de la continuité.

 Lire la suite dans notre numéro 550

Philippe Destatte


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