Le pacte d'excellence en question

Rendu public il y a quelques mois, le projet de Pacte pour un enseignement d’excellence a d’abord été reçu comme une bouffée d’oxygène dans un milieu scolaire à la recherche d’une vision à long terme. Mais sa lecture attentive ne laisse pas d’interpeller.

Si le SEGEC, au cours d’une assemblée générale, a émis un « oui, mais », la CGSP, la CGSLB et le SLFP-Enseignement ont retoqué le projet par un « non, mais », exprimant par là les craintes des enseignants de voir leur liberté pédagogique,leurs conditions de travail et leur avenir compromis. Du côté de nombreux pouvoirs organisateurs également, l’inquiétude autant que l’incertitude dominent. Pourquoi ?

La réponse est assez claire : ce document de 326 pages, qui prétend s’être nourri « des analyses, débats et propositions de nombreux groupes de travail associant acteurs de terrain et experts » et aboutir à « des orientations élaborées à partir de la réalité des classes et fondées sur l’expertise et l’expérience de ceux qui vivent l’école au quotidien », se fonde sur des généralisations rapides (abusives ?) et invente des formules qui marquent le retour en force d’une technocratie qui aspire - tout en disant le contraire - à assujettir toutes les écoles sans distinction de réseau à son contrôle, on dira à son “ pilotage ”. Et cela, sans aborder la question des moyens ni rencontrer les aspirations des enseignants. Superbe oeuvre intellectuelle, séduisante par son ambition au point de fasciner ceux qui doivent l’approuver, le Pacte se révèle ainsi à la fois inadapté et inapplicable.

L’enseignement francophone est-il si mauvais ?

Il est d’usage de critiquer l’enseignement francophone qui ne serait plus à la hauteur des défis de notre société. L’enquête Pisadonne du crédit à ces critiques en pointant les résultats médiocres de ses élèves en fin de cursus, par comparaison avec ceux de Flandre et d’autres pays. Le Groupe central, qui a rédigé le document, surenchérit en proclamant sa « conviction forte que notre système scolaire produit des résultats insatisfaisants tant en termes d’efficacité que d’équité... L’école ne donne plus à chaque enfant ou adolescent le bagage nécessaire pour lui permettre de s’engager activement dans la vie, en tirant chacun vers le haut. »

Arrêtons-nous un instant sur cette phrase. On observe deux choses. Tout d’abord que le mal est déclaré “ systémique ” : on ne pointe pas des écoles en particulier, mais l’ensemble du système scolaire. Ensuite qu’il est général : chaque enfant ou adolescent est concerné, quelle que soit l’école qu’il  fréquente ou le milieu dont il est issu.
Conclusion : il faut tout réformer de fond en comble.

Mais est-ce bien ainsi que les choses se présentent ? Cette affirmation gomme les efforts considérables qui sont faits dans les écoles pour que l’enseignement qu’elles délivrent permette, autant qu’il soit possible, à chacun des élèves inscrits, compte tenu de son point de départ et des circonstances de sa vie, d’aller au plus loin dans son épanouissement personnel et professionnel et dans son intégration dans la société.

Pierre Dulieu

Lire la suite page 12 du numéro 539.
   



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