Un savoureux patrimoine namurois

Les Namurois ont la patate

Les uns affirment qu'elle est née sur un pont de Paris, les autres sur les bords de la Meuse. Une légende de 1781 veut en effet que durant l’hiver, les habitants de Namur, surtout d’origine modeste, avaient l’habitude de pêcher dans la Meuse du menu fretin et de le frire pour en améliorer leur ordinaire. Mais lors d’hivers rigoureux figeant les eaux et rendant la pêche hasardeuse, les habitants taillaient des pommes de terre en forme de petits poissons et les faisaient frire. Assistons-nous là à la naissance du bâtonnet doré ?

Rien n’est moins sûr, surtout lorsque l’on sait que l’huile ou la graisse était un produit onéreux que les paysans ne gaspillaient pas en bain de friture. Une histoire jugée peu vraisemblable donc par de nombreux historiens du royaume.

Quoi qu’il en soit, la culture frituresque est désormais reconnue comme patrimoine immatériel par les Communautés française, flamande et germanophone. Et qui sait si la frite belge ne fera pas bientôt son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO ?

Pour déguster une bonne frite bien dorée, il ne faut pas aller bien loin…
Car trois Namurois figurent dans le top 10 des meilleures friteries belges. ‘Comme chez vous’ à Anhée occupe la 4ème place du classement national. Cédric Rivir, gérant de la friterie, n’est pas peu fier de cette récompense. Cédric travaille avec des produits de chez nous. En l’occurrence avec des pommes de terre Bintje provenant de la ferme Cloet à Flawinne. Et il est l’un des rares à encore éplucher et découper les pommes de terre à la main. ‘Nous ne sommes plus que trois en Province de Namur à travailler à l’ancienne. Pour ma part, je refuse de travailler avec des produits sous vide car ils contiennent des agents conservateurs qui modifient le goût’.

Ce sont la couleur, le goût et le côté moelleux qui garantissent une frite réussie et croustillante à souhait. ‘Quand une frite est cuite, on dit d’ailleurs qu’elle chante. Et je peux vous assurer que c’est vrai, sourit Cédric. On entend un petit bruit. Et le processus se répète à la deuxième cuisson’.

‘Je me bats pour préserver notre patrimoine, pour que les gens continuent à travailler dans le respect des traditions, pour qu’il y ait un label de friterie artisanale’.

Il faut être passionné pour éplucher 40 kilos de pommes de terre en une heure. Pour écouler 1 tonne 200 de pommes de terre par mois. Pour faire face au rythme de travail soutenu aussi. Mais il y a une récompense à la clé : des amitiés nées des rencontres à la friterie, la gratification de voir des personnes venues de loin tout spécialement pour goûter une frite artisanale et goûteuse à souhait. Un succès qui a un revers cependant, car Cédric nous avoue que, ne concédant rien à la qualité et refusant d’ouvrir un sachet de frites sous vide ou surgelées, il lui arrive de refuser des clients en soirée… faute de frites fraîches. (www.facebook.com/commechezvousanhee)

Lire la suite dans notre Confluent n° 550

Dominique de Rive Gauche


Avis des internautes

Soyez le premier à réagir à cet article !

Réagir à l'article : « Un savoureux patrimoine namurois » ? Votre avis nous intéresse. Envoyez votre commentaire grâce au formulaire ci-dessous. Notre webmaster modère en permanence ce site Internet. En un clic, vous pouvez partager ce sujet avec vos amis Facebook ou vos followers sur Twitter. Merci pour votre participation. Tout commentaire est modéré avant publication.

Votre pseudonyme
Votre adresse email
Votre commentaire

Agenda

Du 21 octobre 2017 à 00h00 au 25 février 2018 à 00h00

 
Du 10 novembre 2017 à 00h00 au 19 novembre 2017 à 00h00
 
Du 11 novembre 2017 à 00h00 au 19 novembre 2017 à 00h00